Mon stage instructeur ENAC

Après une dernière phase de 4 semaines au centre ENAC de Biscarosse et un test final réussi me voilà Instructeur de vol (FI) ! 🙂 Je vous propose dans ce récit de vous raconter un peu comment cela s’est passé.

La Liste 1 : Du donnant-donnant 

Tout commence il y a environ 2 ans lorsque mon club lance un appel à candidature pour une liste 1 Instructeur.

Pour faire simple, la liste 1 est un financement en partie par la région (les 2/3) et par le club (1/3 restant) qui permet à un membre du club d’effectuer une formation FI « sans rien payer ».

En contrepartie le futur instructeur s’engage à réaliser dans les 3 ans 300 heures d’instruction pour son club.

La formation FI est alors obligatoirement effectuée à l’ENAC.

Nous ne sommes que deux à postuler. Cela s’explique par le fait que les prérequis pour être FI sont (à mon goût) assez exigeants pour un « simple » pilote privé.

Ma candidature est finalement retenue. L’aventure Instructeur commence !

Ayant le théorique ATPL, je n’ai pas besoin de passer l’examen de pré évaluation théorique FI ni la formation théorique de 4 jours à l’ENAC. C’est déjà cela de gagné.

Le vol d’évaluation

Le vol d’évaluation est un prérequis à l’entrée en formation FI. Cela ressemble à un test PPL (une navigation, de la mania) ou l’on va tester nos connaissances théoriques, notre pilotage mais également notre disponibilité  en vol.

Ce vol est effectué avec un inspecteur de la DGAC dont une liste nous est fournie par l’ENAC. Si vous avez de la chance, il y en a un ou plusieurs autour de chez vous et ils pourront venir sur votre terrain. Dans l’autre cas vous devrez vous déplacer …

Ce n’est clairement pas un vol à prendre à la légère. M’ayant que très peu préparé, j’ai raté mon premier vol d’évaluation 🙁 . En effet j’avais un pilotage à la fois trop analytique (en regardant les aiguilles au lieu d’être le nez dehors) et, je dirais, trop instinctif.

Un exemple simple : Je suis en palier à 180km/h et on me demande d’évoluer à 150km/h. J’ai réduis la puissance progressivement jusqu’à atteindre 150km/h … Alors qu’il fallait utiliser la relation vitesse/puissance : « je dois perdre 30km/h, je sais que -100tr/min me font perdre environ 10km/h, je dois donc réduire de -300 tours … bref utiliser une méthode que je pourrais enseigner ensuite à mon élève.

Pour mon second vol d’évaluation je me suis entraîné dans ce sens : application des diverses relations, utilisation de l’assiette, …

Attention ce vol d’évaluation n’est valable que 6 mois, il ne faut donc pas trop tarder à entrer en stage.

L’organisation du stage

A l’ENAC le stage se décompose en 3 phases :

  • La phase 1 d’une semaine à Muret pour la partie pédagogie et psychopédagogie
  • La phase 2 d’une semaine pour la partie pilotage place droite et commentaires
  • La phase 3 de 4 semaines pour la partie instruction / pédagogie en vol

L’ENAC nous fourni un calendrier sur l’année avec chaque phase (date et lieu) ainsi que le nombre de place disponible/restante. On choisit alors les dates qui nous conviennent en fonction des disponibilités. Il ne faut pas traîner faute de quoi les sessions désirées sont complètes et on se retrouve à devoir attendre un petit moment entre deux phases.

Phase 1 : Module théorique « teaching and learning”

Lieu : Centre ENAC de Muret

Durée : 5 jours ouvrables (1 semaine)

C’est la première semaine de formation, elle est orientée psycho pédagogie (enseignement et apprentissage).

Elle aborde notamment la Gestion des Menaces et des Erreurs (Threat and Error Management) et des ressources équipage (Crew ressources Management) en instruction.

Bref c’est une phase purement théorique en salle de cours.

Au niveau du rythme c’est clairement la phase la moins intense : des journées de 6h, pas spécialement de chose à préparer le soir et pas d’examen/évaluation en fin de phase.

C’est surtout l’occasion de rencontrer d’autres pilotes (PPL ou CPL) et d’échanger sur nos expériences diverses.

Côté pratique il n’y a pas de logement a proprement parlé sur le centre de Muret. Il faut donc trouver un hébergement dans le coin (l’ENAC nous fournit une liste). Le midi on mange dans la cantine ou on a des prix préférentiels.

Phase 2 : Formation pratique « Pilotage en place droite et connaissance »

Lieu : Centre ENAC de Muret OU Biscarosse

En fonction du centre, le type d’avion est différent : A Muret la formation est sur DA40 et à Biscarosse sur TB10.

Attention, Vous devrez effectuer votre phase 3 dans le même centre.

Durée : 5 jours ouvrables (1 semaine)

Vient ensuite la phase 2 d’une durée d’1 semaine. C’est là que les choses sérieuses commencent.

L’objectif est d’acquérir un niveau de pilotage « CPL » en place droite tout en commentant de façon précise ses actions. Il faut également être capable d’expliquer ses connaissances appliquées à la dynamique du vol. Bref il est fortement recommandé de bien maîtriser la mécanique du vol à ce stade (puissance utile vs nécessaire, portance, effets moteurs, …).

Le rythme est cette fois-ci soutenu ! On vole tous les jours (2 vols par jour avec le backseat du binôme).

Dans ma phase nous n’étions que 3 et je me suis retrouvé seul. L’avantage est que le rythme était cool mais en contrepartie je n’ai pas pu profiter des backseats du binôme.

Au cours des vols on revoie le pilotage de base (montée, descente, palier, virages à puissance/vitesse constante, le vol lent, tour de piste, PTE, … ) mais en commentant de façon précise tout ce que l’ont fait.

Exemple simple lors d’un virage à droite : « J’incline à droite en conjuguant : manche et pied à droite pour contrer le lacet inverse »

Ce n’est clairement pas évident ! Au début on cherche ses mots, on est à la bourre et cela affecte le pilotage. On travaille au sol sa prose et cela finit par rentrer (ou plutôt sortir 🙂 ).

La semaine se termine avec un dernier vol qui constitue un contrôle de progression.

Personnellement j’ai trouvé que c’était la phase la plus difficile. On arrive dans un environnement que l’on ne connaît pas, sur un avion que l’on ne connaît pas, le tout en place droite. Bref ce n’est vraiment pas évident et on comprend alors le pourquoi du vol d’évaluation.

Ca passe ! Rendez-vous dans 1 mois même endroit pour la dernière phase.

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Phase 3 : formation pratique « techniques pédagogiques »

Lieu : Centre ENAC de Muret OU Biscarosse (en fonction de la phase 2).

Durée : 4 semaines

Dernière et plus longue phase de la formation, on ajoute une couche supplémentaire, celle de la pédagogie.

L’objectif demandé est de développer et acquérir les compétences nécessaires pour conduire en autonomie une séance d’instruction. Et autant vous dire que ce n’est pas si simple !

Quand on dit en autonomie cela signifie qu’on doit avant d’intégrer la pédagogie, gérer l’aspect sécurité du vol (pilotage, espaces aériens, radio et autres trafics).

Le rythme est une nouvelle fois intense puisque l’on enchaîne les cours au sol et les leçons en vol. Chaque leçon en vol est précédée d’un briefing d’environ 30 minutes et suivi d’un débriefing.

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Clairement les journées démarrent à 8h00 et, le temps de préparer le briefing du lendemain, finissent vers 20h.

Cependant cela a l’avantage d’être hyper intéressant et formateur. Au cours des leçons en vol on revoie et décortique toutes les leçons de pilotage de base. On devient bon ! 🙂

Par exemple, à chaque fin de vol on termine avec des PTE ou pannes verticales terrain bien entendu commentées.

Dans cette phase nous étions 6 dont 5 rencontrés lors de la phase 1. Je connaissais bien mon binôme Philippe, puisque nous avions effectué ensemble les 2 premières phases.

La bonne entente et l’entraide à fait que nous avons tous les 6 réussi.

L’après …

Alors que je venais de recevoir ma licence avec ma qualification d’instructeur, une quinzaine de jour après mon retour nous sommes entrés en confinement pour le COVID19 🙁

Je n’ai donc, à ce jour, pas pu commencer à instruire malgré le fait que j’ai déjà 2 élèves attitrés. Mais je sais que ce n’est que partie remise. Il me faut être patient, on se rattrapera 🙂

Je ferai très bientôt un prochain article sur mes débuts en tant qu’instructeur.

Quelques points en vrac

Concernant le niveau attendu, comme je l’ai dis pour le vol d’évaluation, un pilotage correct est nécessaire (maintien des paramètres, détection et correction des écarts sans courir après les aiguilles). Il faut avoir une bonne connaissance et compréhension de la mécanique du vol (on vous donnera, avant le démarrage de la formation, un petit livret pour réviser). 

En terme d’organisation c’est top : on a un instructeur à temp plein par binôme, une équipe de mécanicien qui entretiennent les avions, les sortent le matin, les rentrent le soir et font le plein. Merci encore à vous !

Même si on reçoit un planning initial, tout est fait pour que l’on termine dans les temps. En fonction de la météo, on échange les vols et les cours.

Côté pratique il y a des logements étudiants sur le terrain à Biscarosse ainsi qu’une grande salle commune (cuisine + fauteuils) et une salle de sport. C’est très pratique puisqu’on est sur place et que l’on ne perd pas de temps sur la route le matin et le soir. Le midi on mange dans le restaurant à 100m du terrain ou on a des prix préférentiels.



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1 Commentaire le Mon stage instructeur ENAC

  1. Bon retour d’expérience
    Ou en es tu dans ta reprise après le corona virus et les conditions d’emploi
    Merci

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